Les feux des navires au permis côtier
Une fois le soleil couché, la coque, la voilure ou le gréement d'un autre navire disparaissent dans le noir : il reste quelques points lumineux, blancs, rouges, verts ou jaunes. Dans l'appli, les questions sur les feux vous montrent ces points sur fond noir et vous demandent de quel navire il s'agit, et sous quel angle vous le voyez. L'essentiel se déduit de quelques règles du règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), publié en France par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 et ses amendements.
Quand les feux sont obligatoires
Les règles sur les feux s'appliquent du coucher au lever du soleil. Les mêmes feux doivent aussi être montrés de jour par visibilité réduite, et ils peuvent l'être dans toutes les autres circonstances où on le juge nécessaire.
Les quatre feux de base
Le RIPAM définit chaque feu par sa couleur, sa place et son secteur, c'est-à-dire la portion d'horizon où on peut le voir.
- Le feu de tête de mât est un feu blanc, placé au-dessus de l'axe du navire. Il éclaire un arc de 225 degrés, depuis l'avant jusqu'à 22,5 degrés sur l'arrière du travers de chaque bord.
- Les feux de côté sont un feu vert à tribord et un feu rouge à bâbord. Chacun éclaire un arc de 112,5 degrés, depuis l'avant jusqu'à 22,5 degrés sur l'arrière du travers de son côté. Sur un navire de moins de 20 mètres, ils peuvent être réunis en un seul fanal placé dans l'axe du navire.
- Le feu de poupe est un feu blanc placé aussi près que possible de l'arrière. Il éclaire un arc de 135 degrés, soit 67,5 degrés de chaque bord à partir de l'arrière.
- Un feu visible sur tout l'horizon éclaire un arc de 360 degrés.
Faites le calcul : 112,5 degrés de chaque bord, plus 135 degrés à l'arrière, donnent 360 degrés. Un navire qui fait route montre donc toujours au moins un de ces feux, quel que soit l'endroit d'où on le regarde.
Ce que vous voyez selon l'angle
Ces secteurs permettent de savoir comment le navire se présente :
- vous voyez le rouge et le vert en même temps : le navire vient droit sur vous ;
- vous ne voyez que le feu de côté vert : vous regardez son côté tribord ;
- vous ne voyez que le feu de côté rouge : vous regardez son côté bâbord ;
- vous ne voyez aucun feu de côté, seulement le feu blanc de poupe : vous êtes derrière lui.
Navire à moteur ou voilier ?
Un navire à propulsion mécanique qui fait route montre un feu de tête de mât à l'avant, des feux de côté et un feu de poupe. Il montre en plus un second feu de tête de mât, plus en arrière et plus haut que le premier, mais un navire de moins de 50 mètres n'y est pas tenu. Un petit navire à propulsion mécanique de moins de 12 mètres peut remplacer ces feux par un feu blanc visible sur tout l'horizon et des feux de côté.
Un navire à voile qui fait route ne montre que des feux de côté et un feu de poupe. Il n'a pas de feu de tête de mât blanc. C'est la différence essentielle : de face, un navire à moteur montre un feu blanc de tête de mât en plus de ses feux de côté, un voilier non.
Les navires de pêche
Les navires de pêche s'identifient par deux feux superposés visibles sur tout l'horizon :
- un navire en train de chaluter montre un feu vert au-dessus d'un feu blanc ;
- un navire en train de pêcher autrement qu'au chalut montre un feu rouge au-dessus d'un feu blanc.
Leur marque est la même : deux cônes superposés réunis par la pointe. Lorsqu'ils ont de l'erre, ils montrent aussi leurs feux de côté et leur feu de poupe : c'est ce qui permet de savoir sous quel angle on les voit.
Une méthode pour chaque question
- Repérez d'abord les feux visibles sur tout l'horizon et leurs couleurs : ils disent souvent quel est le navire (chalutier, autre pêcheur).
- Regardez ensuite les feux de côté : ils disent sous quel angle vous le voyez.
- Cherchez enfin un feu de tête de mât blanc : il distingue un navire à moteur d'un voilier.
Le programme compte d'autres situations : navires au mouillage, échoués, remorqueurs, navires à capacité de manœuvre restreinte. Pour vous tester sur les autres thèmes, passez l'examen blanc gratuit.
Sources
- Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), règles 20, 21, 23, 25 et 26, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 et ses amendements : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000516059
- Texte du RIPAM : Shom, édition 2016 : https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192
Testez-vous : 3 questions de l'appli
Question 1. Un navire montre, en plus de ses feux de route, ces trois feux verts. Que fait-il ?
- Il chalute
- Il demande assistance
- Il effectue des opérations de déminage
- Il remorque un train de remorque de plus de 200 m
Voir la réponse
Réponse : C : Il effectue des opérations de déminage
Trois feux verts visibles sur tout l'horizon, un en tête du mât de misaine et un à chaque extrémité de la vergue, signalent un navire qui déblaie des mines. Le chalutier montre vert au-dessus de blanc.
Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977), règle 27 f) — SHOM, Règlement international pour prévenir les abordages en mer, éd. 2016 : https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192
Question 2. Ces deux feux rouges superposés, sans aucun autre feu, signalent :
- Un navire échoué
- Un navire à capacité de manœuvre restreinte
- Un navire handicapé par son tirant d'eau
- Un navire non maître de sa manœuvre, sans erre
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Réponse : D : Un navire non maître de sa manœuvre, sans erre
Deux feux rouges visibles sur tout l'horizon : non maître de sa manœuvre ; sans feux de côté ni de poupe, il n'a pas d'erre. Un navire échoué montre en plus ses feux de mouillage blancs.
Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977), règle 27 a) et 30 d) — SHOM, Règlement international pour prévenir les abordages en mer, éd. 2016 : https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192
Question 3. De jour, un remorqueur et son remorqué montrent cette marque biconique. Qu'indique-t-elle ?
- Que la longueur du train de remorque dépasse 200 m
- Que le remorqueur a une capacité de manœuvre restreinte
- Que le remorqué n'a personne à bord
- Que le train de remorque mesure moins de 50 m
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Réponse : A : Que la longueur du train de remorque dépasse 200 m
La marque biconique est exigée sur le remorqueur et sur le remorqué quand le train de remorque dépasse 200 m. La capacité de manœuvre restreinte se signale par boule, bicône, boule.
Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977), règle 24 a) v) et e) iii) — SHOM, Règlement international pour prévenir les abordages en mer, éd. 2016 : https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192