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Règles de barre et de route au permis côtier

Deux bateaux se rapprochent et risquent de se heurter : lequel doit manœuvrer ? Les « règles de barre et de route » répondent à cette question. Elles font partie du programme du permis côtier et viennent du règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), publié en France par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 et ses amendements. Le principe est toujours le même : pour chaque situation, un navire doit s'écarter, l'autre doit garder sa route.

Les deux rôles

Le RIPAM distingue le navire qui doit s'écarter et celui qui doit garder sa route.

Le navire qui est tenu de s'écarter doit, autant que possible, manœuvrer de bonne heure et franchement, de manière à s'écarter largement.

L'autre navire, lui, doit maintenir son cap et sa vitesse. Il ne doit pas changer de route de lui-même. Le règlement lui permet toutefois de manœuvrer dès qu'il lui paraît évident que l'autre navire n'effectue pas la manœuvre appropriée (règle 17 a) ii)), et l'y oblige quand l'abordage ne peut plus être évité par la seule manœuvre de l'autre (règle 17 b)).

Deux navires à moteur face à face

Lorsque deux navires à propulsion mécanique font des routes directement opposées, ou à peu près, avec un risque d'abordage, chacun d'eux doit venir sur tribord, pour passer par bâbord l'un de l'autre. Ici, il n'y a pas de privilégié : les deux manœuvrent.

Deux navires à moteur dont les routes se croisent

Lorsque deux navires à propulsion mécanique font des routes qui se croisent avec un risque d'abordage, le navire qui voit l'autre sur son tribord doit s'écarter de sa route. Si les circonstances le permettent, il doit aussi éviter de croiser sa route sur l'avant, c'est-à-dire de lui passer devant. Celui qui voit l'autre sur bâbord garde son cap et sa vitesse.

Le rattrapage

Tout navire qui en rattrape un autre doit s'écarter de sa route. Entre navires en vue, cette règle passe avant les règles de croisement, de face-à-face et de priorité entre catégories. Le navire à voile n'y échappe pas : s'il arrive par l'arrière d'un navire à moteur, c'est à lui de laisser la route.

Quand est-on « rattrapant » ? Le RIPAM le définit précisément : c'est le cas d'un navire qui s'approche d'un autre en venant d'une direction de plus de 22,5 degrés sur l'arrière de son travers. De nuit, il ne verrait alors que le feu arrière de l'autre navire, sans aucun de ses feux de côté.

Le navire rattrapé, lui, garde son cap et sa vitesse.

Navire à moteur et voilier

Un navire à propulsion mécanique qui fait route doit s'écarter de la route de plusieurs catégories de navires, parmi lesquelles le navire à voile. La règle du tribord ne s'applique donc pas entre un moteur et un voilier : quel que soit le côté d'où vient le voilier, c'est le navire à moteur qui s'écarte, sous réserve des règles sur les chenaux étroits (9), les dispositifs de séparation du trafic (10) et le rattrapage (13). La règle 18 commence d'ailleurs par ces mots : « Sauf dispositions contraires des règles 9, 10 et 13 ».

La même règle impose aussi au navire à moteur de s'écarter d'un navire qui n'est pas maître de sa manœuvre, d'un navire à capacité de manœuvre restreinte et d'un navire en train de pêcher.

Dans un chenal étroit

Dans un chenal étroit ou une voie d'accès, les navires doivent, lorsque cela peut se faire sans danger, naviguer aussi près que possible de la limite extérieure droite du chenal. Autrement dit, on serre le bord du chenal situé sur son tribord.

Une méthode pour chaque question

Les questions de l'appli traitent aussi les règles entre voiliers et la conduite par visibilité réduite. Pour vous tester, passez l'examen blanc gratuit.

Sources

Testez-vous : 3 questions de l'appli

Question 1. Pour appliquer les règles entre voiliers, comment le RIPAM définit-il le « côté du vent » ?

  1. Le côté opposé à celui de la grand-voile
  2. Le côté où est bordée la grand-voile
  3. Le côté d'où vient la houle
  4. Le côté vers lequel le bateau gîte sous l'effet du vent
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Réponse : A : Le côté opposé à celui de la grand-voile

Le côté du vent est le côté opposé à celui où la grand-voile est bordée (pour un gréement carré, opposé à la plus grande voile aurique). Le vent et la houle ne viennent pas toujours du même côté.

Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000516059), règle 12 b). Texte : Shom, « Règlement international pour prévenir les abordages en mer », édition 2016 — https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192

Question 2. Le relèvement au compas d'un navire qui se rapproche ne varie pas sensiblement (positions 1, 2 et 3). Qu'en déduisez-vous ?

Positions successives 1, 2 et 3 de A, qui fait route vers le haut, et de B, qui fait route vers la gauche ; les lignes qui relient A à B restent parallèles.
  1. Il passera forcément derrière vous
  2. Il passera forcément devant vous
  3. Il fait la même route que vous
  4. Il existe un risque d'abordage
Voir la réponse

Réponse : D : Il existe un risque d'abordage

Un relèvement qui ne change pas sensiblement alors que la distance diminue indique un risque d'abordage. Il faut alors appliquer les règles de barre et de route.

Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000516059), règle 7 d) i). Texte : Shom, « Règlement international pour prévenir les abordages en mer », édition 2016 — https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192

Question 3. Vous devez traverser ce dispositif de séparation du trafic. Quelle route suivez-vous ?

Dispositif de séparation du trafic vu de dessus : deux voies de sens opposés séparées par une zone jaune ; trois routes partent d'un point noir sous le dispositif : 1 droit vers le haut, perpendiculaire au trafic ; 2 en biais vers la droite ; 3 en biais vers la gauche.
  1. La route 2, dans le sens du trafic de la première voie coupée
  2. La route 3, face au trafic de la première voie
  3. N'importe laquelle, si aucun navire n'est en vue
  4. La route 1, cap perpendiculaire à la direction du trafic
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Réponse : D : La route 1, cap perpendiculaire à la direction du trafic

Un navire obligé de couper une voie de circulation doit le faire en suivant un cap aussi proche que possible de la perpendiculaire à la direction générale du trafic. Il passe ainsi le moins de temps possible dans les voies.

Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000516059), règle 10 c). Texte : Shom, « Règlement international pour prévenir les abordages en mer », édition 2016 — https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192

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