Les signaux sonores au permis côtier
En mer, les navires se parlent aussi au sifflet. Quelques sons brefs ou prolongés suffisent pour annoncer une manœuvre, signaler un doute ou indiquer sa présence dans la brume. Dans l'appli, les questions sur les signaux sonores vous montrent sous forme de schéma une suite de sons, et vous demandent ce qu'elle signifie. Les règles viennent du règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), publié en France par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 et ses amendements.
Deux sons à connaître
Tous les signaux se construisent avec deux sons :
- le son bref, d'une durée d'environ une seconde ;
- le son prolongé, d'une durée de quatre à six secondes.
Sur les schémas de l'appli, un son bref est dessiné par un trait court et un son prolongé par un trait long. Comptez-les dans l'ordre.
Les signaux de manœuvre
Lorsque des navires sont en vue les uns des autres, un navire à propulsion mécanique qui fait route doit annoncer au sifflet les manœuvres qu'il fait en application du règlement :
- un son bref pour dire « Je viens sur tribord » ;
- deux sons brefs pour dire « Je viens sur bâbord » ;
- trois sons brefs pour dire « Je bats en arrière ».
Ces signaux indiquent une manœuvre que le navire effectue. Tous les navires peuvent aussi les compléter par des éclats lumineux.
Le signal de doute
Deux navires en vue l'un de l'autre se rapprochent, et l'un d'eux ne comprend pas ce que fait l'autre, ou se demande si l'autre prend des mesures suffisantes pour éviter l'abordage. Le navire qui a des doutes doit alors les exprimer immédiatement, en émettant au sifflet une série rapide d'au moins cinq sons brefs.
Ce signal peut être complété par au moins cinq éclats lumineux brefs et rapides.
Rattraper un navire dans un chenal étroit
Dans un chenal étroit ou une voie d'accès, le navire qui entend en rattraper un autre annonce son intention au sifflet, comme le prévoit la règle sur les chenaux étroits :
- deux sons prolongés suivis d'un son bref pour dire « Je compte vous rattraper sur tribord » ;
- deux sons prolongés suivis de deux sons brefs pour dire « Je compte vous rattraper sur bâbord ».
Le navire qui va être rattrapé indique son accord par un son prolongé, un son bref, un son prolongé et un son bref, émis dans cet ordre.
À l'approche d'un coude
Un navire qui s'approche d'un coude ou d'une partie d'un chenal où d'autres navires peuvent être cachés par un obstacle doit faire entendre un son prolongé. Un navire venant dans sa direction qui entend ce signal de l'autre côté du coude ou derrière l'obstacle doit répondre par un son prolongé.
Par visibilité réduite
Dans la brume, les navires ne se voient plus : ils signalent leur présence à intervalles réguliers. Ces signaux s'appliquent de jour comme de nuit, à l'intérieur ou à proximité d'une zone où la visibilité est réduite.
Pour un navire à propulsion mécanique, deux cas sont à connaître :
- s'il a de l'erre, c'est-à-dire s'il avance, il fait entendre un son prolongé, à des intervalles ne dépassant pas deux minutes ;
- s'il fait route mais est stoppé et n'a pas d'erre, il fait entendre deux sons prolongés séparés d'environ deux secondes, à des intervalles ne dépassant pas deux minutes.
Les autres navires (voiliers, navires de pêche, navires au mouillage ou remorqués, par exemple) ont leurs propres signaux de brume.
Une méthode pour chaque question
- Comptez les sons et distinguez les brefs des prolongés.
- Demandez-vous si les navires sont en vue l'un de l'autre : si oui, c'est un signal de manœuvre ou d'avertissement ; s'ils ne se voient pas à cause de la visibilité réduite, c'est un signal de brume.
- Ne confondez pas le signal qui annonce une manœuvre (un, deux ou trois sons brefs) et celui qui exprime un doute (cinq sons brefs au moins).
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Sources
- Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), règles 32, 34 et 35, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977 et ses amendements : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000516059
- Texte du RIPAM : Shom, édition 2016 : https://diffusion.shom.fr/shom_downloadable/download/freelink/product_id/192
Testez-vous : 3 questions de l'appli
Question 1. Par brume, vous entendez un son prolongé puis ce signal. Qui s'identifie ainsi ?
- Un navire en détresse
- Un navire au mouillage
- Un bateau-pilote en service de pilotage
- Un navire qui va vous rattraper
Voir la réponse
Réponse : C : Un bateau-pilote en service de pilotage
Un bateau-pilote en service peut ajouter à ses signaux un signal d'identification de quatre sons brefs. Un navire qui veut rattraper, dans un chenal, commence par deux sons prolongés.
Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977), règle 35 k) — SHOM, publication n° 2A « Règlement international pour prévenir les abordages en mer » : https://competition.ffvoile.fr/media/qdrppcgy/ripam_2a.pdf ; même texte français : Règlement sur les abordages (Canada), C.R.C., ch. 1416, annexe 1 : https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/C.R.C.%2C_ch._1416/section-sched501574-20230607.html
Question 2. Que signifient ces deux pavillons hissés l'un au-dessus de l'autre (N au-dessus de C) ?
- Un navire qui effectue des opérations de plongée
- Un navire qui demande un pilote
- Un navire en quarantaine
- Un signal de détresse
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Réponse : D : Un signal de détresse
Le signal N.C. du Code international de signaux figure dans la liste des signaux de détresse. La plongée se signale par le pavillon « A ».
Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977), annexe IV, § 1 f) — SHOM, publication n° 2A « Règlement international pour prévenir les abordages en mer » : https://competition.ffvoile.fr/media/qdrppcgy/ripam_2a.pdf
Question 3. Une personne lève et abaisse lentement, de façon répétée, ses bras tendus de chaque côté. Que signifie ce geste ?
- Tout va bien à bord
- Des plongeurs sont dans l'eau
- Elle va changer de route
- Elle est en détresse et demande assistance
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Réponse : D : Elle est en détresse et demande assistance
Le mouvement lent et répété de haut en bas des bras tendus fait partie des signaux de détresse du RIPAM. Ce n'est pas un salut : il faut y répondre et alerter les secours.
Source : RIPAM (Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, publié par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977), annexe IV, § 1 k) — SHOM, publication n° 2A « Règlement international pour prévenir les abordages en mer » : https://competition.ffvoile.fr/media/qdrppcgy/ripam_2a.pdf