Permis côtier ou permis fluvial : lequel passer ?
Le permis bateau est un seul permis, mais il comporte plusieurs options. Pour conduire un bateau de plaisance à moteur, il faut l'option adaptée à l'endroit où l'on navigue : l'option côtière pour la mer, l'option « eaux intérieures », souvent appelée permis fluvial, pour les fleuves, rivières, canaux et lacs. Voici ce que disent les textes pour vous aider à choisir.
Quand faut-il un permis ?
Le décret n° 2007-1167 du 2 août 2007 pose la règle : la conduite d'un bateau de plaisance à moteur exige un permis lorsque la puissance motrice est supérieure à 4,5 kilowatts.
L'âge minimum pour obtenir le permis est de seize ans. Seule l'extension « grande plaisance eaux intérieures », pour les bateaux de 20 mètres ou plus, demande dix-huit ans.
Ce que permet chaque option
En mer, le décret prévoit :
- l'option côtière, pour une navigation jusqu'à 6 milles d'un abri ;
- l'extension hauturière, pour aller au-delà de 6 milles d'un abri.
En eaux intérieures, il prévoit :
- l'option « eaux intérieures », pour un bateau de plaisance de moins de 20 mètres ;
- l'extension « grande plaisance eaux intérieures », pour un bateau de 20 mètres ou plus.
Deux cas particuliers concernent les voiliers. En mer, un bateau de plaisance à voile, même équipé d'un moteur auxiliaire, peut être conduit sans permis. Sur les rivières et canaux, en revanche, un voilier équipé d'un moteur de plus de 4,5 kilowatts exige un permis valable en eaux intérieures, adapté à la longueur du bateau.
Le choix dépend donc de votre programme : la mer, ou les rivières, canaux et lacs. Une option ne remplace pas l'autre.
Un détail surprend souvent les candidats au fluvial. Sur les lacs et grands plans d'eau, le règlement général de police de la navigation intérieure prévoit que, sauf dispositions contraires du règlement particulier de police, les règles de route sont celles du règlement international pour prévenir les abordages en mer. Sur les fleuves, les rivières et les canaux, ce sont en revanche les règles propres aux eaux intérieures qui s'appliquent : sens amont et aval, montants et avalants, menues embarcations.
Deux épreuves différentes
Les deux options ont le même format : une épreuve théorique de quarante questions, avec cinq erreurs admises, et une formation pratique validée par un établissement de formation agréé. Le contenu, lui, change.
Le programme du côtier, fixé par l'article 1.2 de l'arrêté du 28 septembre 2007, porte notamment sur le balisage des côtes, les règles de barre et de route, les feux et marques des navires, la VHF et la météorologie marine.
Celui du fluvial, fixé par l'article 2.2 du même arrêté, porte notamment sur le fonctionnement des écluses et des barrages, les règles de route et de stationnement, la signalisation des voies navigables, les dispositions particulières aux menues embarcations et le service radiotéléphonique fluvial.
Passer la seconde option
Si vous avez déjà l'une des deux options, la seconde est plus simple à obtenir :
- la formation théorique en salle d'au moins cinq heures n'est pas exigée des titulaires de l'autre option, d'après l'arrêté du 28 septembre 2007 (art. 1.3 et 2.3) ;
- selon la page du ministère chargé de la mer, le titulaire d'une option peut se former auprès d'un établissement de formation à l'épreuve théorique de l'autre option, ou s'y inscrire en candidat libre.
En revanche, le ministère précise que le candidat qui passe pour la première fois l'une des deux options ne peut pas se présenter à l'examen théorique en candidat libre. Pour une première option, il faut donc passer par un établissement de formation agréé.
Les démarches du candidat libre sont détaillées sur notre page dédiée et sur la page du ministère.
Pour réviser
Les deux épreuves comptent 40 questions et admettent 5 erreurs. Testez-vous sur l'examen blanc gratuit du côtier ou sur celui du fluvial.
Sources
- Décret n° 2007-1167 du 2 août 2007, art. 2 et 3, version en vigueur au 29 octobre 2026 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000648362/2026-10-29/
- Arrêté du 28 septembre 2007, art. 1.1, 1.2, 1.3, 2.1, 2.2 et 2.3, version en vigueur au 29 octobre 2026 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000428843/2026-10-29/
- Ministère chargé de la mer, « Le permis plaisance », mise à jour du 17 avril 2026 : https://www.mer.gouv.fr/le-permis-plaisance-permis-de-conduire-les-bateaux-de-plaisance-moteur
- Code des transports, art. A. 4241-53-1, 2 (lacs et grands plans d'eau) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000027909211
Testez-vous : 3 questions de l'appli
Question 1. De quand doit dater le certificat médical joint à la demande de permis ?
- De moins de 5 ans
- De moins de 1 mois
- De moins de 6 mois
- Aucun certificat médical n'est demandé
Voir la réponse
Réponse : C : De moins de 6 mois
Le certificat médical doit dater de moins de six mois et être établi par un médecin inscrit à l'ordre.
Source : Ministère chargé de la mer, page « Le permis plaisance » (option côtière, mise à jour du 17/04/2026) — https://www.mer.gouv.fr/le-permis-plaisance-permis-de-conduire-les-bateaux-de-plaisance-moteur
Question 2. Existe-t-il un permis international de plaisance ?
- Oui, l'option côtière vaut permis international
- Oui, délivré sur demande avec l'extension hauturière
- Non, il n'en existe pas
- Oui, délivré par l'Organisation maritime internationale
Voir la réponse
Réponse : C : Non, il n'en existe pas
La page officielle indique : « Il n'existe pas de permis international maritime en matière de navigation de plaisance. » Il existe seulement un certificat international de conducteur de bateau de plaisance, délivré sur demande aux titulaires d'un titre de conduite en eaux intérieures (décret n° 2007-1167, art. 14), qui n'est pas un permis. Sur un bateau sous pavillon étranger, renseignez-vous auprès de l'ambassade de France, du consulat français ou des autorités des pays concernés.
Source : Ministère chargé de la mer, page « Le permis plaisance » (option côtière, mise à jour du 17/04/2026) — https://www.mer.gouv.fr/le-permis-plaisance-permis-de-conduire-les-bateaux-de-plaisance-moteur ; Décret n° 2007-1167 du 2 août 2007 relatif au permis de conduire et à la formation à la conduite des bateaux de plaisance à moteur, art. 14 (certificat international de conducteur de bateau de plaisance) — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000648362/2026-10-29/
Question 3. Quel matériel d'armement et de sécurité un bateau doit-il avoir à bord pour naviguer dans la zone X, entre 2 et 6 milles d'un abri ?
- Le matériel basique
- Le matériel côtier
- Le matériel semi-hauturier
- Le matériel hauturier
Voir la réponse
Réponse : B : Le matériel côtier
Le matériel côtier vaut pour une navigation d'au moins 2 milles et de moins de 6 milles d'un abri. Le basique s'arrête à 2 milles, le semi-hauturier commence à 6 milles.
Source : Division 240 (règlement annexé à l'arrêté du 23 novembre 1987, version consolidée à jour de l'arrêté du 21 mai 2026), art. 240-2.04 — https://www.mer.gouv.fr/sites/default/files/2026-06/division-240_arrete_du_21_05_26.pdf